Naïma Moutchou : « Nous voulons frapper plus fort contre les trafics qui alimentent l’ultraviolence et la circulation des armes »
La ministre des Outre-mer affiche une ligne de fermeté face au narcotrafic dans les Antilles
En déplacement officiel en Martinique pour une visite de quatre jours, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a placé la lutte contre les trafics illicites au cœur de son action gouvernementale. À l’occasion d’un entretien accordé à France-Antilles, elle a affirmé sa volonté de « frapper plus fort contre les trafics qui alimentent l’ultraviolence, le narcotrafic et la circulation des armes », alors que les territoires ultramarins font face à une montée préoccupante de la criminalité organisée.
Cette visite intervient dans un contexte marqué par une recrudescence des violences liées au trafic de stupéfiants, mais aussi par la tenue en Martinique d’une importante conférence régionale de sécurité réunissant plusieurs États de la Caraïbe et d’Amérique latine.
Une coopération régionale renforcée
Pour la ministre, les trafics qui touchent les Antilles dépassent largement le cadre national. Les réseaux criminels opèrent à l’échelle régionale et utilisent les territoires ultramarins comme zones de transit entre l’Amérique du Sud, la Caraïbe et l’Europe.
C’est précisément pour répondre à cette menace que la Martinique accueille la Conférence régionale de sécurité des Antilles. Cette rencontre internationale réunit des représentants de nombreux pays caribéens afin d’améliorer la coopération policière, judiciaire et maritime dans la lutte contre le narcotrafic, le trafic d’armes, le blanchiment d’argent et les réseaux criminels transnationaux.
Le Plan ANTI au cœur de la stratégie gouvernementale
La ministre a rappelé que le gouvernement déploie progressivement le Plan ANTI (Plan d’urgence de lutte contre le narcotrafic aux Antilles et en Guyane), lancé en début d’année.
Ce dispositif prévoit notamment :
- le renforcement de la surveillance maritime ;
- une coopération accrue avec les États voisins ;
- la sécurisation des ports et des aéroports ;
- l’installation de nouveaux équipements de détection ;
- l’augmentation des effectifs des forces de sécurité ;
- un ciblage renforcé des principaux réseaux criminels.
Selon le gouvernement, une grande partie des premières mesures du plan est déjà engagée afin de mieux protéger les populations ultramarines face à une criminalité devenue plus violente et mieux organisée.
La Martinique au centre des préoccupations
Au-delà des questions de sécurité, Naïma Moutchou souhaite profiter de son déplacement pour rencontrer les élus locaux, les représentants du monde économique et les acteurs associatifs.
Parmi les dossiers abordés figurent :
- la vie chère ;
- l’emploi ;
- les sargasses ;
- les évolutions institutionnelles ;
- le développement économique ;
- la coopération régionale avec les pays de la Caraïbe.
La ministre estime que la Martinique possède des atouts majeurs pour devenir une véritable plateforme économique ouverte sur son environnement régional, plutôt qu’un simple marché dépendant des importations.
Une évolution institutionnelle en discussion
Interrogée sur les demandes formulées par les élus martiniquais concernant davantage d’autonomie décisionnelle, Naïma Moutchou affirme que le dialogue est déjà engagé avec les territoires qui souhaitent faire évoluer leur statut.
Elle rappelle que plusieurs discussions sont actuellement conduites avec les collectivités concernées afin d’adapter certaines compétences locales, tout en maintenant un dialogue permanent avec l’État. Selon elle, cette méthode doit permettre d’aboutir à des solutions construites avec les élus et les citoyens plutôt que d’imposer des réformes depuis Paris.
Une réponse globale face à l’ultraviolence
Pour la ministre, la lutte contre le narcotrafic ne peut se limiter à une réponse policière. Elle insiste également sur la nécessité d’agir sur la prévention, l’accompagnement de la jeunesse, le développement économique et la coopération internationale.
Le gouvernement entend ainsi combiner des moyens judiciaires renforcés, une présence accrue des forces de sécurité et des politiques publiques destinées à réduire les facteurs qui favorisent l’implantation des réseaux criminels dans les territoires ultramarins.
Une priorité affichée pour les Outre-mer
En plaçant la sécurité parmi les priorités de son déplacement, Naïma Moutchou souhaite envoyer un signal fort aux habitants des Antilles. Face à l’augmentation des violences liées au narcotrafic et à la circulation des armes, le gouvernement entend renforcer sa présence et développer une coopération régionale plus étroite afin de mieux protéger les populations.
Reste désormais à traduire ces annonces en résultats concrets sur le terrain. Les prochains mois permettront d’évaluer l’efficacité du Plan ANTI et des nouvelles mesures annoncées pour endiguer durablement les trafics qui fragilisent les territoires ultramarins.
