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Climatiques. Va-t-on crever de soif avant de crever de chaud ?

Écrit par le 28 mars 2024



Que fera-t-on quand l’eau ne coulera plus du robinet ? On sait pourtant qu’il est recommandé, lors des épisodes de canicule, particulièrement éprouvants pour les citadins, de boire beaucoup et de prendre des douches. De grandes villes prospères connaissent déjà cette réalité, parfois depuis quelques années.

“J’ai compris que nous avions un gros problème quand je me suis vue en train de faire une recherche Google sur les toilettes sèches”, écrivait la cheffe du bureau de Time en Afrique du Sud en 2018, qui venait d’apprendre les restrictions imposées au Cap. Les 50 litres d’eau auxquels elle aurait droit chaque jour étaient juste suffisants pour “une douche de quatre-vingt-dix secondes, à peine deux litres d’eau pour boire, une vaisselle ou une lessive à la main, un repas maison, deux lavages de mains, deux brossages de dents et une chasse d’eau par jour”. Se convertir aux toilettes sèches devenait (presque) une nécessité, en tout cas une bonne idée.

À des kilomètres de là, en ce début de printemps 2024, des panneaux publicitaires sont apparus dans les rues de Barcelone avec l’inscription “L’eau ne tombe pas du ciel” (“L’aigua no cau del cel” en catalan), pour inciter les habitants à économiser l’eau, rapporte The Guardian. “Depuis le début de février, Barcelone et 200 autres villes de Catalogne sont officiellement en situation d’urgence sécheresse”, explique le journal britannique.

Changement de continent, direction Mexico. “Fondée par les Aztèques sur une île au milieu de lacs, avec une saison des pluies provoquant torrents et inondations, [la capitale mexicaine] aurait pu être une exception”, indique le Los Angeles Times. Avant de se désoler que “des millions de personnes ne bénéficient désormais que d’un service intermittent – parfois une heure par semaine ou moins d’eau courante”. Les autorités imposent en effet des restrictions, et des camions-citernes sillonnent ces quartiers où plus une goutte ne sort des robinets.

“Les pénuries d’eau deviennent un mode de vie dans des villes du monde entier – Los Angeles, Le Cap, Jakarta (en Indonésie) et bien d’autres encore –, alors que le changement climatique s’aggrave”, constate le journal américain. Le manque d’eau a des causes multiples et variables selon les endroits : réseaux vieillissants et fuyards, mauvaise gestion de la ressource par les autorités, croissance de la population urbaine ou encore surutilisation en amont par l’agriculture. Il y a toutefois un point commun : le dérèglement climatique.

“Les régions sèches du monde deviennent plus sèches à cause, d’une part, de la diminution des précipitations ; d’autre part, de la baisse du débit des cours d’eau, résultat de la diminution de la glace et de la neige des montagnes ; et enfin, de la hausse des températures, qui entraîne une augmentation de l’évaporation et de la transpiration des plantes”, explique l’éditorialiste du Guardian et militant écologiste George Monbiot. Pour lui, cette crise de l’eau est un argument de plus pour passer au régime végétarien car l’élevage, non content d’être un émetteur important de gaz à effet de serre, est gourmand en eau.

Peut-on imaginer d’autres pistes ? Si le constat est là, notamment avec cette vaste étude parue dans Nature en janvier qui recensait un assèchement des eaux souterraines de 170 000 puits répartis dans le monde entier, les solutions manquent cruellement. Certaines, envisagées localement, pourraient faire sourire si la situation n’était pas si grave. En Suisse, le village de Grimisuat a décidé de limiter sa population. En Espagne, une expérience pilote, révélée par El Periódico de Catalunya, devrait commencer sous peu dans les Pyrénées catalanes : il s’agit d’abattre des arbres pour que l’eau non consommée par ces végétaux puisse rejoindre les rivières. A-t-on vraiment envie d’en arriver là ?

En bref

Au Soudan du Sud, il fait trop chaud pour aller à l’école

Depuis le 18 mars, et pour une durée indéterminée, les écoles du Soudan du Sud sont fermées. Le gouvernement a pris cette décision en raison de la canicule qui sévit dans le pays, avec des températures comprises entre 41 et 45 °C. Les ministères de la Santé et de l’Éducation promettent d’être intransigeants : les établissements ne respectant pas la consigne seront radiés du système. En outre, précise le site d’information sud-soudanais Sudans Post, il est conseillé aux parents d’empêcher leurs enfants de jouer dehors sur de longues périodes. Depuis la mi-février, le sud de l’Afrique de l’Ouest est en proie à une vague de chaleur extrême et précoce. The New York Times rapporte que, d’après une nouvelle analyse, le changement climatique d’origine anthropique a multiplié par dix la probabilité que ce genre d’événement se produise.

Le plan de Lula et de Macron pour l’Amazonie

C’est le montant du plan d’investissements verts annoncé conjointement par le président brésilien et son homologue français le 26 mars, à l’occasion de la rencontre de Luiz Inácio Lula da Silva et d’Emmanuel Macron à Belém, au Brésil, rapporte O Globo. L’appel de fonds “publics et privés”, à hauteur de 5 milliards de reais, soit 1 milliard d’euros, court sur quatre ans. Le programme, qui comprend un volet de coopération scientifique, a pour vocation de protéger la forêt amazonienne, du côté brésilien comme du côté guyanais. Les deux chefs d’État travaillent sur “une feuille de route commune” pour lutter contre le changement climatique et la pauvreté, dans la perspective de deux grands rendez-vous internationaux qui se tiendront au Brésil : le prochain sommet du G20, à Rio, en novembre, et la COP30, à Belém, l’année prochaine.

Pas si vert, le biodiesel indonésien

“Pour la première fois l’année dernière, la consommation d’huile de palme pour fabriquer du biodiesel en Indonésie a dépassé celle pour l’alimentation”, avec respectivement 46 % et 44 % d’un total de 23,2 millions de tonnes, observe The Jakarta Post. Or, l’industrie de l’huile de palme est un moteur majeur de la déforestation. “Et à moins que l’on puisse démontrer que l’huile de palme utilisée pour le biodiesel ne provoque aucune déforestation, il serait trompeur de prétendre que le biodiesel est un carburant vert”, note le Carbon Disclosure Project, une organisation établie à Londres. Dans le pays, seuls 33 000 hectares de plantations de palmiers à huile étaient certifiés “durables” en 2023, soit 0,2 % du total.

Les vols d’affaires ne désemplissent pas

Le chemin vers la décarbonation des voyages professionnels promet d’être encore long, si l’on en croit l’ONG bruxelloise Transport & Environment (T&E). Son dernier rapport, qui porte sur 328 multinationales dont le siège est en Europe, en Inde ou aux États-Unis, conclut que 85 % d’entre elles “n’ont pas de plans crédibles pour réduire le nombre de voyages en avion et pour les remplacer par des déplacements en train ou des téléconférences”, note El País. Or, souligne le quotidien espagnol, les multinationales jouent un rôle clé dans la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre. “Les vols d’affaires représentent environ 30 % des émissions totales de l’aviation en Europe, selon les calculs de T&E.”

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