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Comment sont définis les records absolus de température, au niveau local et mondial ?

Écrit par le 21 juillet 2023


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Les 18 et 19 juillet, des chaleurs exceptionnelles ont été enregistrées dans le sud-est de la France, essentiellement dans des stations de référence d’altitude dans les Alpes, les Pyrénées et la Corse. Plus tôt ce mois-ci, c’était la température moyenne du globe qui avait atteint un niveau inédit, dépassant les 17 °C pour la première fois depuis que ces données sont enregistrées. Le 23 mai, ce sont trois records qui ont été battus simultanément : températures de l’air et des océans au plus haut, surface de la banquise au plus bas.

Difficile d’ignorer l’ampleur des bouleversements climatiques et météorologiques en cours. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a prévenu : « Les températures mondiales devraient battre des records ces cinq prochaines années, sous l’effet des gaz à effet de serre, qui retiennent la chaleur dans l’atmosphère, et de la survenue du phénomène naturel qu’est El Niño ».

Température locale, mondiale, record quotidien, mensuel ? Record absolu ou mesure de moyenne ? De quoi parle-t-on ?

Comment sont définis les records absolus de température

Les météorologues mesurent la température de l’air sous abri, à une hauteur comprise entre 1,5 et 2 mètres du sol. Il faut en outre tenir compte de paramètres qui peuvent altérer les données : les surfaces artificielles (comme du béton, qui stocke la chaleur), les ombres portées (par un abri vertical par exemple), l’absence ou l’insuffisance de ventilation… Une fois la mesure correctement prise, un record est déterminé selon la zone choisie (une région, un pays, un continent, la planète…) et la période retenue (un jour, une semaine, une saison, depuis le début de la compilation des données…).

Dernière étape, la vérification. Quand une station mesure une température extrême, un processus de validation se met en place : in fine, c’est l’OMM, dépendant de l’Organisation des Nations unies (ONU), qui est chargée de certifier ces records, s’assurant notamment de la cohérence du relevé avec l’historique de la zone et du matériel utilisé pour mesurer la température.

Ainsi, le record absolu de température (56, 7 °C, enregistré il y a tout juste cent dix ans, le 10 juillet 1913, dans la Vallée de la Mort, en Californie, aux Etats-Unis) fait toujours autorité, mais il est très débattu par les scientifiques. Cette température pourrait être le résultat d’une tempête de sable survenue à l’époque, qui aurait contribué à augmenter la température sous l’abri où ont été prises les mesures.

Dans la même zone, des relevés plus récents, en août 2020 et juillet 2021, indiquent une température de 54,4 °C, mais ils sont encore en cours de vérification par l’OMM. Si elles étaient confirmées, cela en ferait les températures les plus élevées enregistrées depuis les 55 °C mesurés à Kébili (Tunisie) en 1931, ce dernier record étant également controversé, comme la majorité des mesures datant d’avant 1950.

Parmi les données modernes certifiées et fiables, la température la plus haute revient une fois de plus à la Vallée de la mort, mais aussi au Koweït et au Pakistan. L’OMM a en effet validé la température de 54 °C atteinte en 2016, dans ces trois zones.

Le Monde

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En Europe, l’OMM considère que le maximum a été atteint en Sicile (Italie) en 2021, avec 48,8 °C, dépassant les 48 °C relevés en 1977 à Athènes.

De vieux records remis en cause

D’abord manuels, les relevés de températures sont automatisés au milieu du XXe siècle avec les stations météorologiques. Au début des années 1960, les observations satellites font leurs débuts, pour représenter aujourd’hui « entre 75 et 95 % des données d’observation », selon Météo-France. Plus fiables et plus nombreux, les relevés modernes ont remis en cause la fiabilité d’anciens records de température.

Par exemple, le record absolu à 58 °C qui aurait été atteint en 1922 en Libye n’en est plus un. Il a été invalidé en 2012. Les causes sont multiples : le relevé a été fait sur un sol asphalté, l’instrument utilisé manquait de fiabilité et, surtout, cette mesure s’est révélée incohérente avec celles relevées aux alentours.

Si une même enquête était lancée pour vérifier le cas du record de 1913 dans la Vallée de la Mort, il pourrait démontrer une erreur d’observation : selon deux chercheurs américains, Chris Burt et William Reid, le relevé dans cette zone du désert des Mojaves, en Californie, est « incohérent » avec les données de l’époque.

L’OMM reconnaît d’ailleurs les faiblesses des mesures anciennes. Le record tunisien de Kébili, à 55 °C, en 1931 est sujet à caution, reconnaît-elle. « Entre 1920 et 1933, Kébili a enregistré des températures maximales de 50 à 55 °C presque tous les étés. Depuis 2000, son maximum absolu n’a été que de 48,5 °C. » Mais, en raison du peu de données disponibles pour cette époque, qui ne permettent ni de valider ni d’invalider une mesure, l’OMM accepte ce record comme étant la température la plus élevée enregistrée en Afrique.

Comment sont estimés les records moyens

Dès le début du mois de juillet, la planète voit les journées les plus chaudes jamais enregistrées se succéder. La température moyenne (un indicateur calculé à partir de l’ensemble des températures du globe) a atteint 17,23 °C le 6 juillet, selon les calculs de l’université américaine du Maine, qui s’appuie sur des données publiques de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA).

Les chiffres que l’institut européen Copernicus a fournis au Monde montrent un record légèrement plus faible, à 17,08 °C. La différence entre les deux mesures tient au fait qu’il s’agit d’estimations produites par des outils dits de « réanalyse ». Ces derniers prennent des mesures de températures observées et demandent à un modèle informatique de les interpréter. A chaque modèle son record, pour résumer.

Les climatologues se concentrent davantage sur les records à l’échelle annuelle et mensuelle plutôt que sur des journées isolées, dont les températures dépendent aussi de la variabilité naturelle. Mais, « quand l’influence humaine augmente le déséquilibre du bilan d’énergie de la Terre (…), il est attendu d’observer de nouveaux records de température globale de surface », rappelle la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte sur Twitter.

Sur une durée plus longue, les sept jours du 3 au 9 juillet correspondent à la semaine la plus chaude jamais vue, confirme Copernicus. Le mois de juin a de son côté été sacré mois de juin le plus chaud à la fois par Copernicus et par l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique.

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