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Écoles. Au Royaume-Uni, “un exode” du privé vers le public

Écrit par le 3 avril 2024




“L’éducation élitiste peut-elle survivre ?” se demande The New Statesman, à Londres, alors que les établissements privés ne garantissent plus une place à Oxford ou à Cambridge, qui se sont démocratisés, et que les travaillistes ont annoncé qu’en cas de victoire aux prochaines élections ils supprimeraient les avantages fiscaux pour ce secteur. Au Royaume-Uni, environ 7 % des jeunes sont scolarisés dans le privé, et leurs parents déboursent entre 17 500 et 64 500 euros par an en moyenne.

Les établissements les plus célèbres, comme Eton, Harrow ou encore Winchester, n’ont sans doute pas à s’en faire. “Les institutions les plus riches pourraient vendre un terrain de sport, organiser davantage de mariages et de colonies d’été, ou ouvrir une autre succursale en Chine – 40 écoles privées britanniques ont réalisé 29 millions de livres sterling [34 millions d’euros] de bénéfices grâce aux franchises à l’étranger en 2020-2021.” Pour les autres, l’inquiétude est de mise.

Certes, concède le titre, la disparition des écoles privées, annoncée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, n’est jamais advenue, même sous des gouvernements travaillistes. Mais les changements à venir vont forcer les établissements élitistes à “convaincre les parents qu’un avenir privilégié peut encore s’acheter”, que leurs enfants “obtiendront [ainsi] les meilleures notes, des places dans les meilleures universités, les emplois les mieux payés, et les meilleures relations sociales, même si la société qui les entoure s’efforce d’atteindre plus d’égalité”. Au fond, les écoles privées promettent “une forme de bulle sociale, un ticket en or pour l’avenir et un héritage inégalitaire”.

La classe moyenne supérieure souffre de l’inflation

Dans les colonnes du Spectator, la journaliste Flora Watkins évoque son choix, après avoir déménagé de Londres à la campagne en pleine pandémie, de mettre ses fils dans le privé… Avant de déchanter et de les en retirer. Selon elle, “l’école privée n’en vaut pas la peine”. Comme elle, les parents issus de la classe moyenne supérieure souffrent de l’inflation et de la hausse du coût de la vie. Certains protestent contre l’augmentation probable des frais de scolarité si les travaillistes gagnent les élections, d’autres se tournent vers les écoles publiques.

Comme Flora Watkins : “Nous avons découvert dans le village une école primaire où les enfants d’amis s’épanouissaient dans de petites classes, et où, à la place des uniformes coûteux et des terrains en pelouse artificielle, il y avait des sorties pédagogiques dans la forêt et des initiatives simples comme la lecture faite aux plus petits par les plus grands.”

Ses enfants ont eu de la chance qu’il y ait encore de la place dans le public, car ils ne sont pas seuls : “un exode beaucoup plus important d’enfants des écoles privées vers les écoles publiques est en cours”, souligne la journaliste. Elle ne voit que des bénéfices dans le changement de système éducatif. L’un de ses enfants semble moins anxieux et a moins de troubles liés à son TDAH (trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité). Son frère et lui font du sport. Et en ce qui concerne les activités extrascolaires et l’“enrichissement académique”, la famille envisage une chose qu’elle n’avait pas pu faire depuis six ans : prendre des vacances.



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