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« Emmanuel Macron veut donner de la lisibilité à son quinquennat »

Écrit par le 23 juillet 2023


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Publié le 23 juil. 2023 à 14:42

Le chef de l’Etat doit s’exprimer à nouveau ce lundi après être intervenu vendredi en conseil des ministres. Que faut-il attendre de ces prises de parole successives ?

Une prise de parole était nécessaire, cette attente revenait sans cesse dans les études d’opinion depuis le 14 juillet. Le chef de l’Etat est intervenu en ouverture du conseil des ministres pour redonner les axes de ses priorités politiques. Depuis une semaine, nous avons vécu un exercice de banalisation du remaniement, de dédramatisation du moment politique. La forme de son intervention de vendredi, qui n’est pas une adresse solennelle aux Français, conforte cette lecture. Emmanuel Macron veut donner de la lisibilité à son quinquennat. Il s’agit de s’inscrire dans une forme de continuité sans vraiment ouvrir une nouvelle page. Reste à savoir si l’intervention de ce lundi s’inscrira dans cette lignée.

Emmanuel Macron était pourtant très attendu sur les leçons à tirer en particulier des émeutes urbaines… Doit-il y revenir ?

Selon moi, c’était surtout un point d’étape global sur la politique menée. Il a tenté de tracer des grandes perspectives et clarifier un cap que les Français ont du mal à distinguer. Concernant les émeutes, il contourne quelque peu l’obstacle pour une raison assez simple : le grand public perçoit davantage ce phénomène comme un sujet d’ordre public que comme un manque criant de justice sociale. Il a apporté une première réponse sécuritaire. Ajouter un énième plan banlieue, c’eût été courir le risque que les Français y voient, au contraire, une politique du chèque « récompensant » la violence.

En réaffirmant sa « confiance » à Elisabeth Borne lors de son intervention en conseil des ministres, Emmanuel Macron a-t-il veillé à préserver une forme d’équilibre ?

Cela montre une volonté de marcher sur deux jambes, gauche et droite, même si la jambe droite est plus forte depuis sa première élection en 2017. La jambe gauche parviendra-t-elle à se muscler ? Le nouveau ministre de l’Education nationale, Gabriel Attal, qui vient du parti socialiste, va-t-il marquer un ministère aussi symbolique de son empreinte ? D’autres ministres venus de la gauche, comme Aurélien Rousseau propulsé à la Santé, parviendront-ils à s’affirmer au gouvernement ? Jusqu’ici cet hémisphère gauche a du mal à exister, malgré le maintien d’Elisabeth Borne à Matignon.

Le remaniement, après avoir été l’objet d’intenses tractations, traduit-il un repli de la majorité sur elle-même ?

Nous sommes dans une configuration politique où les oppositions sont très radicalisées contre l’exécutif. Les marges d’extension de la majorité sont très faibles voire inexistantes. Tant qu’une partie de la Nupes, les socialistes et les Verts d’un côté et les Républicains de l’autre, seront autant opposés à la politique du gouvernement, l’exécutif peu espérer récolter des voix au coup par coup mais pas débaucher de nouvelles personnalités. La vraie question qui se pose, c’est de savoir si Emmanuel Macron a définitivement renoncé à élargir sa majorité d’ici la prochaine élection présidentielle ou est-ce qu’il y aura de nouvelles tentatives, à droite par exemple, pour construire une forme d’alliance.

N’est-ce pas plutôt la confirmation de l’échec de la mission confiée à Elisabeth Borne d’élargir la majorité ?

Le Président de la République en a-t-il réellement besoin ? Certes, avoir un soutien explicite d’au moins une partie des 62 députés LR à l’Assemblée nationale lui procurerait un certain confort notamment lors du vote des textes budgétaires prévu à la rentrée. Mais tant qu’Emmanuel Macron mène une politique plutôt marquée à droite, ce sont surtout Les Républicains qui sont dans la difficulté, pris en étau entre la nécessité de s’opposer et leur électorat parfois satisfait des orientations prises par le Chef de l’Etat. C’est aussi la traduction d’une forme d’effacement politique. Pourquoi voter LR quand vous avez un gouvernement perçu comme de droite ?

A mesure que le quinquennat progresse, Emmanuel Macron ne risque-t-il pas de voir sa parole politique s’émousser ?

Les Français n’ont pas encore la tête à la succession d’Emmanuel Macron. En revanche l’appareil politique, lui, commence déjà à y penser. Tout le monde se prépare, et les ambitions vont s’affirmer au sein de la majorité comme dans les oppositions. Notons d’ailleurs que conserver la perspective d’un second remaniement, voire d’une dissolution, est aussi une façon de discipliner son propre camp. Plus on approchera de la fin du quinquennat, plus les individualités et les divisions seront exacerbées.

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