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Jean-Paul Mattei, un « social et libéral » en quête de justice fiscale

Écrit par le 1 août 2023


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Il est arrivé, lorsque le ministre de l’Economie et des Finances parle de lui, qu’il se trompe de prénom, cherche puis passe rapidement à autre chose. Comme un acte manqué, le signe du vif agacement que Bruno Le Maire a sans aucun doute éprouvé lorsqu’à l’automne dernier, lors de l’examen du budget à l’Assemblée, l’amendement de Jean-Paul Mattei sur la taxation des superdividendes a été adopté. Contre l’avis du gouvernement. Et sous les vivats de la gauche de l’hémicycle.

Jean-Paul Mattei ne le décrirait pas ainsi, mais c’était un camouflet infligé au « dogme » macroniste de refus des hausses d’impôts. Pire, le camouflet était porté de l’intérieur, par le chef de file des députés du Modem, l’allié historique. L’épisode allait animer les débats budgétaires, malgré la litanie des 49.3 qui permit à l’exécutif de faire disparaître l’amendement controversé.

Technicité fiscale et sens politique

Aussi tenace que « discret », comme il se décrit lui-même, Jean-Paul Mattei n’est pas homme à abandonner ses idées. Il devrait refaire parler de lui lors des discussions budgétaires à la rentrée. Elisabeth Borne en est bien consciente : après avoir rendu visite à Edouard Philippe, elle était ce dimanche au côté de François Bayrou à Pau, histoire de resserrer les rangs de la majorité et se concilier le Modem.

Lors des débats des motions de censure post-49.3 budgétaires, Jean-Paul Mattei est bien sûr en soutien du gouvernement. Mais ce spécialiste de la fiscalité – il l’a enseignée à l’université de Pau – continue de défendre ses concepts de « bénéfice utile » et de « bénéfice futile » qui devraient pousser les entreprises à mieux réfléchir à leurs investissements.

Il s’est étranglé en entendant fuser la critique de « vengeance fiscale » sur son amendement, la réfutant totalement. Façonné, dit-il, par sa double expérience de notaire et de maire pendant près de vingt ans à Ger, village des Pyrénées, familier à la fois des grands patrimoines et de familles en grande précarité, il plaide pour « plus de justice, toujours sur la ligne de crête, en se demandant jusqu’où la charge fiscale est acceptable ». « J’ai toujours dit qu’il faut plus de solidarité fiscale, sans briser les talents. Le consentement à l’impôt me paraît normal. L’impôt, ce n’est pas une punition, c’est une contribution », martèle ce « social et libéral ».

Frustration de ne pas être allé au vote sur les retraites

Social et libéral ? La définition vient de loin, lorsque le Palois d’adoption aux origines corses décide d’adhérer en 1974 au mouvement de jeunesse de Valéry Giscard d’Estaing, Génération sociale et libérale. « La génération a vieilli, mais ‘social et libéral’ me va toujours », sourit ce compagnon de route de François Bayrou, rencontré deux ans plus tard. « Une vraie amitié. On n’a pas besoin de se parler pour se comprendre », assure celui qui dit aussi être l’un des rares à pouvoir lui dire la vérité et affirme avec un brin de candeur avoir découvert la dimension nationale de François Bayrou en participant à ses campagnes de 2012, présidentielle et législative. Il était alors son suppléant.

Elu député en 2017, il a hésité en 2022, à 68 ans, à repartir mais a considéré, après un quinquennat de crises, que « le boulot n’était pas terminé ». Il n’avait pas prévu d’être président du groupe Modem mais, Patrick Mignola battu, l’idée s’est imposée à lui comme à ses troupes.

Il garde, comme elles, une vraie frustration de ne pas avoir pu aller au vote sur la réforme des retraites ; a beaucoup de mal avec « l’agressivité » à l’Assemblée ; rêve de compromis plus larges et de débats plus apaisés, lui qui a pourtant gagné le respect de tous les bancs de l’Assemblée. « C’est un marin et cela compte », relève Eric Coquerel, président (LFI) de la commission des finances de l’Assemblée, qui comme lui aime prendre la mer et a signé avec lui en 2019 un rapport sur l’impôt universel. « Toutes les préconisations, nous les avons faites ensemble, c’est assez rare. Il a ensuite voté tous mes amendements sur le sujet », poursuit-il, saluant « quelqu’un de bonhomme et de franc. Il est de la majorité, c’est clair mais il n’hésite pas à aller sur des terrains où on ne l’attend pas forcément, il le fait et va jusqu’au bout. »

Pays apaisé

« Jean-Paul Mattei c’est un pilier de la commission des finances. Mais c’est avant tout un financier, il adore briller sur les prélèvements exceptionnels, mais il n’a pas acquis une existence politique comme on pourrait l’attendre d’un président de groupe du Modem », grince un ministre. « On est tellement modérés qu’on est parfois en dedans de ce qu’on représente », dit autrement Jean-Paul Mattei, manière de reconnaître le rôle peu évident de deuxième groupe au sein d’une majorité très relative.

L’automne dernier, il avait lancé à l’attention de tous les bancs, et peut-être surtout à ceux du gouvernement qu’« un pays apaisé est aussi attractif qu’un pays où on paie moins d’impôts ». « C’est mon fil rouge » appuie-t-il. Il va continuer de le tirer cet automne et jusqu’au bout.

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