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L’intérêt retrouvé des laboratoires occidentaux pour la phagothérapie

Écrit par le 23 juillet 2023


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C’est en jouant au golf que Barry Rud s’est rendu compte que quelque chose ne tournait pas rond chez lui. Encore en pleine forme, cet homme de 60 ans, joueur de hockey dans sa jeunesse, était pourtant essoufflé dès qu’il faisait quelques pas. Les médecins consultés lui ont diagnostiqué une infection à Pseudomonas aeruginosa, l’une des nombreuses “superbactéries” résistantes aux antibiotiques les plus courants, et dont le nombre ne cesse d’augmenter.

Le cas de Barry Rud illustre à la fois un problème grandissant et une des solutions possibles. Les antibiotiques sont l’une des réussites les plus éclatantes de la médecine. Véritables remèdes miracles, capables de détruire les bactéries tout en épargnant les cellules du patient, ils ont rendu inoffensives bien des maladies autrefois dangereuses comme le choléra ou la syphilis.

Leur magie commence toutefois à se dissiper. À force d’être exposées à cette menace pour leur vie, les bactéries ont fini par développer une résistance à de nombreux antibiotiques, ce qui rend les traitements moins efficaces. Une étude publiée dans The Lancet en 2022 estime que 1,2 million de personnes sont mortes d’une infection causée directement par les superbactéries en 2019, et que celles-ci ont joué un rôle dans 3,8 millions d’autres décès.

Comme aucun antibiotique n’était capable de le soigner, Barry Rud a tenté le tout pour le tout. Il s’est rendu à l’institut George Eliava de Tbilissi, en Géorgie, l’un des rares centres de recherche consacrés à l’étude des bactériophages [ou phages], des virus capables de tuer les bactéries en les infectant. L’institut George Eliava les utilise comme des antibiotiques vivants pour essayer de guérir certaines pathologies humaines en rendant les bactéries malades.

Les recherches sur les phages n’ont pas vraiment dépassé les frontières de l’ex-URSS, à qui l’on doit la plupart des travaux sur le sujet. Cela fait des années que ces virus font partie de la pharmacopée géorgienne. À Tbilissi, on peut acheter ces petits flacons remplis d’un liquide amer riche en virus antibactériens dans n’importe quelle pharmacie. Aujourd’hui, compte tenu de la peur grandissante vis-à-vis des superbactéries, les laboratoires occidentaux commencent à s’intéresser aux bactériophages.

Un croisement entre une sonde lunaire et une araignée

Contrairement à ce que leur nom laisse entendre, ils infectent leur proie plus qu’ils ne la mangent. Ils ont su tirer parti de l’abondance de bactéries au point de devenir les entités biologiques les plus représentées sur Terre. Les phages ressemblent pour la plupart à un croisement entre une sonde lunaire et une araignée. Leur tête icosaédrique (en forme de dé à vingt faces) renferme leur génome, et est reliée à une queue de protéines qui se termine par des fibres. Lorsqu’elles rencontrent un récepteur adéquat sur la paroi cellulaire d’une bactérie, ces fibres attachent le phage à sa victime, et celui-ci perce la membrane de la cellule avec sa queue avant d’injecter son génome dans son hôte.

Leur qualité d’antibiotique vivant confère de nombreux avantages aux phages, du moins en théorie. Leur capacité de reproduction permet de réduire les doses initiales et, à la différence des antibiotiques chimiques, ils se multiplient aussi vite que leur proie, ce qui peut empêcher la bactérie de développer une quelconque résistance. Enfin, comme les cellules bactériennes et humaines présentent de multiples différences, il y a peu de risque que les phages aient des effets néfastes sur les p

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