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Nous allons vivre le siècle des migrations climatiques

Écrit par le 22 juillet 2023


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[Cet article est extrait du hors-série n°96 de Courrier international, “L’atlas des migrations”]

Un grand chambardement nous guette. Les mouvements de populations induits par le dérèglement climatique viennent s’ajouter aux migrations déjà massives vers les villes à travers le monde. Le nombre de migrants a [fortement augmenté] dans le monde ces dix dernières années, et la question de savoir ce qu’il faut faire de ces déplacés toujours plus nombreux n’a jamais été plus pressante. Survivre au chaos climatique nécessitera des migrations réfléchies et planifiées – un défi inédit pour l’humanité.

La planète recense d’ores et déjà deux fois plus de journées à 50 °C ou plus qu’il y a trente ans – une température mortelle pour les humains, mais aussi très problématique pour les bâtiments, les routes ou les centrales électriques. Certaines régions vont devenir invivables. Cette tragédie planétaire réclame une réaction énergique de la part des humains. Il faut mettre les populations à l’abri du danger tout en leur offrant une vie décente, afin de bâtir une société mondiale plus résiliente, au bénéfice de tous.

Des populations entières vont devoir migrer, et pas seulement vers la ville la plus proche, mais aussi à travers des continents entiers. Celles et ceux qui vivent dans des régions dont les conditions seront encore supportables, notamment les pays situés aux latitudes septentrionales, vont devoir accueillir des millions de migrants tout en s’adaptant aux exigences de la crise climatique. Il s’agira de créer des villes nouvelles près des pôles, où l’on trouvera encore de la fraîcheur, sur des terres dont les glaces qui les recouvraient disparaissent à vue d’œil. Certaines régions de Sibérie, par exemple, voient déjà le mercure dépasser les 30 °C plusieurs mois d’affilée.

D’après certains modèles, les feux pourraient voir leur fréquence multipliée par quatre dans les forêts boréales et dans la toundra arctique à l’horizon 2100.

Crise démographique dans l’hémisphère Nord

Où que vous résidiez aujourd’hui, les migrations auront des répercussions sur votre vie et sur celle de vos enfants. Le Bangladesh, un pays dont un tiers de la population vit au niveau de la mer, sur le littoral, et se trouve dès lors menacé par la montée des eaux, va sans doute devenir inhabitable. Mais les pays riches seront durement touchés, eux aussi, dans les décennies à venir.

Ce bouleversement s’explique non seulement par un dérèglement climatique sans précédent mais également par une mutation démographique. La population mondiale va continuer d’enfler dans les décennies à venir pour atteindre sans doute un pic à 10 milliards dans les années 2060. L’essentiel de cette hausse concernera des régions tropicales frappées de plein fouet par le dérèglement climatique, poussant leurs habitants à fuir vers le nord.

Or il se trouve que l’hémisphère Nord est confronté au problème inverse – une crise démographique qui voit une main-d’œuvre insuffisante porter à bout de bras une population vieillissante. L’Amérique du Nord et l’Europe comptent 300 millions de personnes au-delà de l’âge habituel de départ à la retraite (65 ans) et, à l’horizon 2050, les projections anticipent un ratio de dépendance économique de 43 seniors pour 100 actifs de 20 à 64 ans. De Munich à Buffalo [État de New York, États-Unis], les villes se retrouveront dès lors en concurrence pour faire venir des migrants.

Vagues de chaleur mortelles

Les migrations à venir verront les populations démunies de la planète fuir des vagues de chaleur mortelles et des récoltes calamiteuses. Mais le phénomène touchera également les classes moyennes, qui ne seront plus en mesure de vivre là où elles l’avaient prévu lorsqu’il sera devenu impossible d’obtenir un crédit immobilier ou de faire assurer son domicile, l’emploi étant parti ailleurs. Le dérèglement climatique a d’ores et déjà déraciné des millions de personnes aux États-Unis – en 2018, 1,2 million de personnes ont fui des phénomènes extrêmes, incendies, tempêtes ou inondations ; en 2020, ce chiffre a bondi à 1,7 million.

En Grande-Bretagne, les habitants de Fairbourne, un village du Pays de Galles, se sont entendu dire qu’ils allaient devoir abandonner leur maison en raison de la montée des eaux, le démantèlement du village étant prévu pour 2045. Les grandes villes côtières sont menacées, elles aussi. Les deux tiers de Cardiff, la capitale du Pays de Galles, pourraient avoir les pieds dans l’eau d’ici à 2050.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) prévoit jusqu’à 1 milliard de migrants climatiques dans les trente ans, alors que des projections plus récentes avancent les chiffres de 1,2 milliard à l’horizon 2050 et 1,4 milliard à l’horizon 2060. Au-delà de 2050, les chiffres devraient grimper en flèche à mesure que la Terre se réchauffera et que la population mondiale s’accroîtra, pour atteindre le pic attendu au milieu des années 2060.

Réinventer notre mode de vie

La question qui se pose pour l’humanité est la suivante : à quoi ressemble un monde viable sur la durée ? Il va falloir réinventer notre mode de vie, en ce qui concerne tant l’alimentation que l’énergie, tout en réduisant nos émissions de dioxyde de carbone. Nous allons devoir vivre dans des villes moins nombreuses mais plus denses, tout en luttant contre les risques associés à cette densification, dont les coupures de courant, les problèmes d’assainissement, les températures excessives, la pollution et les maladies infectieuses.

Un autre défi, non moins ardu, consistera à nous défaire de l’idée que nous appartenons à un pays en particulier et que celui-ci nous appartient. Il va nous falloir nous intégrer à des sociétés cosmopolites et apprendre à vivre dans de nou

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