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Bassirou Diomaye Faye a été élu, mais Ousmane Sonko reste le vrai concepteur du “Projet”

Écrit par le 28 mars 2024


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Vive le président : Bassirou Diomaye Diakhar Faye est ainsi le 5e chef de l’État sénégalais ! Son élection a été acquise au premier tour de façon retentissante, les félicitations se succèdent pour saluer la prouesse de BDF [ainsi qu’il est nommé au Sénégal, par son acronyme], qui réussit un coup de maître pour son premier essai.

S’il est le “plan B” de Sonko [dont la candidature n’avait pas été validée par le Conseil constitutionnel], qui l’a investi, soutenu, accompagné jusqu’à la consécration finale, il est en même temps l’élu du “Projet” [Tous deux ont mis en avant leur programme, baptisé “le projet”, comme pour mieux signifier que l’accession à la présidence n’est pas une affaire de personnes mais d’idées politiques].

Les démolisseurs du “système”

Pour BDF, c’est une consécration à un âge relativement jeune (44 ans), mais cela n’a plus d’importance. Ni les interrogations sur son étoffe ni sur la force de ses épaules pour porter ces attentes. Toutes ces interrogations ont été balayées par le peuple sénégalais, qui a décidé d’expérimenter le “Projet”, après un vote massif et sans ambiguïté. Lequel fait s’enthousiasmer des millions de jeunes. Il devra porter cet espoir et entretenir les jardins de rêves de ces personnes. Leurs yeux pétillent de joie. Ils brillent d’attentes et de l’espoir qu’un nouvel avenir est à portée de main après avoir mis à terre “le système” [nom donné aux partis installés qui se sont partagés le pouvoir depuis l’indépendance du pays] et obtenu leur “indépendance” [allusion au discours d’Ousmane Sonko, qui a affirmé que “l’indépendance du Sénégal va commencer avec cette élection présidentielle”]. C’est le récit qu’on fait de cette victoire des démolisseurs du “système”.

Aujourd’hui, la “djakar­tisation” des rues de Dakar et des autres agglomérations de l’intérieur est un indicateur d’un sérieux problème de formation et de qualification des jeunes en dépit des efforts consentis par le régime finissant. [Au Sénégal, les “jakartas” désignent les monocylindres qui fleurissent dans les rues des grandes villes, souvent utilisés comme motos-taxis par des jeunes Sénégalais qui ne trouvent pas de travail. La djakartisation de l’économie traduit le double phénomène du chômage des jeunes et l’essor de ce secteur informel comme expédient.]

Il faut y ajouter le caractère informel de notre économie et de certains emplois précaires pour montrer la rudesse de la tâche. Pour un président qui a le même âge que certains demandeurs d’emploi les engagements doivent être clairs.

Les électeurs ont une ébauche du programme électoral “Diomaye pré­sident”, qui vend aussi le projet d’une économie endogène performante. Pour y arriver, il compte notamment sur la préférence nationale, la formalisation du secteur informel, un État interventionniste quand il le faut, l’autonomie financière des collectivités territoriales, une monnaie propre et la mise en place d’un “livret d’épargne du patriotisme économique populaire” qui permettra de financer les petites et moyennes entreprises locales ou régionales. Il y aura un accent social et solidaire enrobé par un Fonds national de solidarité et un Programme national de solidarité pour lutter contre la pauvreté, l’exclusion et autres formes de vulnérabilité.

Un projet de reconstruction institutionnelle

Au-delà de la polémique créée par la sortie annoncée du franc CFA et de la création d’un poste de vice-président, il annonce une réforme des institutions. Va-t-il réduire la voilure présidentielle ? Il l’a promis.

Le candidat Diomaye Faye a signé le “Pacte national de bonne gouvernance démocratique” [signé par 10 des 19 candidats à l’élection présidentielle, il prévoit différentes réformes institutionnelles] pour mettre fin à l’hyper-présidentialisme. [À l’indépendance en 1960, le pays avait opté pour un régime parlementaire, transformé sous Léopold Sédar Senghor en présidentialisme autoritaire.]

C’est une idée des mouvements [de la société civile] Sursaut citoyen et Demain le Sénégal, engagés dans le combat de la “refondation des institutions”. Bassirou Diomaye Faye annonce en effet le passage d’un Conseil à une Cour constitutionnelle, une réforme substantielle du Conseil supérieur de la magistrature, l’ouverture de la magistrature à d’autres professionnels du droit et l’institution des peines alternatives et d’un juge des libertés.

Pour obliger à la transparence, le candidat affiche, dans son programme de réforme de l’Ofnac [Office national de lutte contre la fraude et la corruption], de supprimer les fonds politiques [ou fonds spéciaux attribués au Président de la République et dont l’usage est parfois nébuleux] et de faire voter une loi pour la protection des lanceurs d’alerte [Quand il était inspecteur des finances, Ousmane Sonko a pointé des actes de fraude fiscale et de corruption dont il avait été témoin. Il avait été radié de ses fonctions en 2016 par décret présidentiel pour “manquement au devoir de réserve”. Sonko a toujours indiqué se considérer comme un lanceur d’alerte.]

Quant aux réformes concernant l’Administration publi­que, sont envisagées : la dématérialisation des procédures régulières, la primauté du concours comme mode de recrutement, l’obligation pour les ministères, institutions et démembrements de l’État de publier annuellement des rapports d’activité. Est surtout envisagée et proposée l’interdiction du militantisme politique aux directeurs de certains départements ministériels et sociétés d’État.

Cette nuit du 24 mars a été une validation du “Projet” dont le parrain ne sera pas le personnage central au niveau de l’exécutif, à savoir Ousmane Sonko. Cette nuit victorieuse lui était prédestinée, mais le destin, au-delà des contingences politico-judiciaires préélectorales, a choisi Bassirou Diomaye Faye comme l’élu. Et Sonko son binôme ou complément ? That is the question !

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