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Chez Atos, la balle est dans le camp des créanciers

Écrit par le 26 mars 2024



La course contre la montre a commencé pour Atos. D’ici quatre mois, le groupe informatique français en péril entend présenter une solution pour faire aux 3,65 milliards d’euros de dettes qu’il va devoir rembourser d’ici la fin 2025. Mais, contrainte par le temps, l’entreprise de 95.000 salariés n’a plus vraiment son destin en main.

Dans la semaine du 8 avril prochain, ses dirigeants seront bien à la manoeuvre pour présenter aux créanciers leurs desiderata sur les points structurants de la discussion, notamment la part de dette qu’ils espèrent renégocier ou repousser et l’ampleur d’une éventuelle augmentation de capital. « Mais ce n’est évidemment pas ce qui se passera ensuite, la négociation sera rude », anticipe un analyste financier.

Une éventuelle prise de contrôle des créanciers

Dans cette partie de poker menteur arbitrée par Hélène Bourbouloux, la grande spécialiste des restructurations de l’impossible, les créanciers auront au départ les meilleures cartes. De fait, l’échec de la vente des activités d’infogérance (« Tech Foundations ») au milliardaire Daniel Kretinsky puis celui des discussions avec Airbus sur une cession de l’entité Big Data and Security (BDS) ont mis du plomb dans l’aile à l’idée qu’Atos pourrait trouver tout le cash dont il a besoin en se coupant un bras.

« Le côté apprenti sorcier du M&A qui dure depuis deux ans sur fond de valse des dirigeants, c’est terminé. Il faut passer à autre chose », dit-on du côté de certains détenteurs d’obligations qui pronostiquent une restructuration façon Europcar ou Vallourec, avec prise de contrôle des créanciers.

Aller-retours entre les parties

Certains envisageraient d’ailleurs de s’allier avec le premier actionnaire d’Atos, le fondateur de OnePoint, David Layani. L’une des pistes qui tient la corde serait d’injecter plus de deux milliards d’euros d’argent frais pour permettre à OnePoint de monter à 30 % du capital, contre un peu plus de 11 % aujourd’hui, et aux créanciers à 40 %. « Les créanciers n’agiraient pas en consortium, ce qui laisserait à David Layani le contrôle de fait », confie une source au fait des discussions.

Mais plusieurs autres acteurs sont sur les rangs, sans pour l’instant avoir abattu leurs cartes. Daniel Kretinsky ne ferme pas la porte au cas où sa participation serait sollicitée tandis que le nom du canadien CGI est aussi fréquemment cité. Du côté de Sopra Steria en revanche, on dément travailler sur une offre. « En réalité, il va y avoir diverses propositions et il y aura des allers-retours entre les différentes parties pour aboutir à une solution », explique-t-on chez Atos.

Dilution des actionnaires

Compte tenu de la situation financière particulièrement tendue d’Atos, les banques pèseront lourd dans la décision finale, d’autant que le groupe informatique a indiqué ce mardi discuter d’un « financement intérimaire » afin de s’assurer « un coussin de liquidité supplémentaire » pour tenir jusqu’à la conclusion des négociations.

Attentif à l’évolution du dossier, l’Etat a pour sa part indiqué qu’il présenterait dans les prochaines semaines une solution nationale de protection des activités stratégiques » d’Atos. Il s’agit notamment de celles logées dans BDS, soit une partie de cette entité dont la valeur totale pour les analystes est comprise autour du milliard d’euros. L’Etat étant à la recherche d’un partenaire, le nom de Dassault circule. Bpifrance ne ferme plus non plus totalement la porte. Les actionnaires, notamment ceux regroupés dans l’Udaac (Union des actionnaires d’Atos constructifs), poussent de leur côté pour un recentrage de l’entreprise en Europe et donc une vente des activités américaines.

Les actionnaires ont évidemment intérêt à toute vente qui limiterait la taille de l’augmentation de capital envisagée, même s’ils refusent également de brader des actifs. Dans ce dossier à très faible visibilité, l’une des seules certitudes est que les actionnaires qui ne pourront pas apporter d’argent frais perdront des plumes. « Dans tous les cas, le refinancement nécessitera une restructuration de la dette qui entraînera une annulation significative de la dette par les créanciers, impliquant une dilution massive pour les actionnaires », souligne dans une note Nicolas David, analyste chez Oddo. Pour les créanciers, ce sera perdre pour éventuellement gagner.



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