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comment le changement climatique aggrave nos allergies

Écrit par le 28 mars 2024


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Entre avril et mai, la saison pollinique du bouleau bat son plein. Les yeux larmoient, les gorges piquent, les nez coulent : autant de réactions immunitaires que les médecins appellent « rhinites allergiques ». En France, près d’un adulte sur trois souffrirait d’une allergie au pollen, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Plus que par le passé ? Dès 2008, une étude épidémiologique confirmait qu’en France le nombre de rhinites polliniques avait triplé en vingt-cinq ans. Quelques années plus tard, l’Anses écrit dans un rapport de 2014 que « la prévalence des pathologies allergiques respiratoires comme les rhinites saisonnières et l’asthme a pratiquement doublé ces vingt dernières années dans les pays industrialisés ».

Des saisons modifiées

Le dérèglement climatique fait partie des causes envisagées pour expliquer une telle explosion des allergies. Au printemps, pour se reproduire, les plantes dites « anémophiles » libèrent de grandes quantités de pollen, ne comptant que sur le vent pour les transporter vers des fleurs femelles.

Pour les allergiques, les risques s’étendent sur quasiment toute l’année, variant selon le climat de la région habitée. « Les pollens les plus problématiques en France sont ceux des cupressacées [famille des cyprès] dans le Sud-Est, des graminées sur tout le territoire, des bétulacées [famille des bouleaux] dans le quart nord-est et de l’ambroisie à feuilles d’armoise dans la vallée du Rhône », note l’Anses.

La hausse générale des températures influence la durée des saisons polliniques. Si les scientifiques rappellent que les effets du dérèglement climatique « sont impossibles à ramener à un schéma unique » pour toutes les espèces végétales, ils s’accordent à dire que les arbres fleurissant assez tôt dans l’année – noisetiers, aulnes, cyprès et, dans une moindre mesure, bouleaux et frênes – ont eu tendance à débuter leur saison pollinique de plus en plus précocement.

Cette année, « les bouleaux ont fleuri plus tôt, dès la mi-mars, alors qu’habituellement ils commencent leur floraison fin mars, début avril », explique au Monde Samuel Monnier, le responsable communication du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA). Et, comme en 2023, les capteurs de l’association ont aussi « détecté des grains de pollen de noisetier dès fin décembre, alors que, d’habitude, c’est plus en février qu’on en observe ». Les hivers de plus en plus doux pourraient à terme provoquer un effet inverse : en empêchant les plantes de satisfaire assez vite leurs besoins en froid, ils pourraient perturber le cycle végétal et retarder leur réveil au printemps.

Plus de pollens et d’allergènes

Plus flagrante encore, la présence accrue du dioxyde de carbone (CO₂) dans l’atmosphère dope la production de pollens. Ce gaz à effet de serre est en effet nécessaire pour la photosynthèse. Dès les années 2000, une équipe de chercheurs a mesuré la production de pollen d’ambroisie en fonction de l’exposition de la plante à différents niveaux de CO₂. D’après leurs résultats, les concentrations actuelles de CO₂ ont fait grimper la production de pollen de 131 % par rapport à la période préindustrielle. Si le taux dans l’atmosphère atteint les niveaux projetés pour le XXIᵉ siècle, la production augmenterait même de 320 %.

Les grains de pollen deviennent non seulement plus nombreux, mais aussi plus allergisants. « Il a été observé que la quantité d’allergènes dans les grains de pollen de bouleau et d’ambroisie augmentait avec la température », note l’Anses.

La présence accrue de polluants chimiques dans l’air, notamment dans les villes, aggrave aussi la situation, en déformant ou endommageant la paroi de certains grains de pollen. Ces « fragments de grains de pollen et les granules cytoplasmiques ont une taille qui leur permettrait ensuite de pénétrer dans le système respiratoire bien plus profondément que les grains de pollen », selon le même rapport. La pollution atmosphérique joue par ailleurs un rôle d’irritant sur les voies respiratoires, ce qui les fragilise et exacerbe les symptômes.

Une nouvelle géographie des végétaux

Enfin, le climat changeant permet à certaines espèces de migrer vers de nouvelles régions jusqu’ici épargnées. L’ambroisie, une espèce très envahissante introduite en Europe à la fin du XIXe siècle, alarme particulièrement les scientifiques.

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Selon l’équipe d’Iain Lake, de l’université d’East Anglia, qui a modélisé la propagation de l’espèce dans le futur, « les hausses proportionnelles les plus importantes vont se produire dans les pays où la sensibilisation [aux pollens d’ambroisie] est peu commune », comme la France et l’Allemagne. En 2020, l’Anses a estimé qu’entre 1,15 et 3,5 millions de personnes étaient déjà allergiques au pollen d’ambroisie en France métropolitaine.

Difficiles à contrer, ces phénomènes posent des questions de santé publique et de coûts. L’allergologue Jean-Marie Nguyen, de l’association Asthme et allergies, affirme prescrire de plus en plus souvent des traitements de désensibilisation à ses patients allergiques aux pollens. « Je la propose plus qu’avant puisqu’il y a de fortes chances pour que les saisons restent très intenses », explique-t-il. Le médecin alerte également sur les risques d’allergies alimentaires croisées : « L’exposition prolongée à la protéine PR 10, présente dans les pollens, peut créer au bout d’un certain temps des réactions alimentaires pour tous les fruits. On l’observe de plus en plus chez les enfants. »

Selon Samuel Monnier, du RNSA, la réduction des risques passera également par le contrôle de la propagation de l’ambroisie et par la réduction de la présence d’espèces allergisantes, largement plantées dans les villes. Au plus fort de la saison pollinique, M. Monnier recommande aux personnes allergiques de brosser régulièrement leurs cheveux, d’éviter de faire sécher leur linge en extérieur, d’aérer les pièces très tôt le matin ou tard le soir, et de consulter les bulletins allergo-polliniques.

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