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la France a-t-elle du souci à se faire ?

Écrit par le 28 mars 2024


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Quatre jours après [l’élection à la présidence de la République de Bassirou Diomaye Faye], on n’en finit pas d’être admiratif de la vitalité de la démocratie sénégalaise, qui, une fois de plus, a administré une bonne leçon que beaucoup de pays africains gagneraient à méditer et à assimiler. Certes, les résultats provisoires officiels ne sont pas encore proclamés, à plus forte raison les résultats définitifs, qui doivent être annoncés par le Conseil constitutionnel, mais d’ores et déjà, le vainqueur entre petit à petit dans sa fonction en attendant son investiture officielle.

Bassirou Diomaye Faye, qui vient de troquer sa tenue de prisonnier contre le costume de président, est scruté et ses moindres propos passés à la loupe pour jauger ses premiers pas et voir le chemin qu’il entend emprunter. Si, sur le plan local, il est bien placé pour savoir que les Sénégalais l’attendent particulièrement sur le front social, notamment le chômage des jeunes, l’émigration, le pouvoir d’achat et bien d’autres choses, on s’interroge déjà sur ce que sera sa ligne de conduite en matière de politique étrangère.

Une “avance confortable”, selon les premiers résultats officiels

Les résultats provisoires de la présidentielle sénégalaise ont été communiqués mercredi 27 mars par le président de la Commission nationale de recensement des votes. Comme le laissaient présager des chiffres officieux, Bassirou Diomaye Faye a largement remporté le scrutin du dimanche 24 mars, réunissant 54,28 % des voix dès le premier tour.

Il devance le candidat de la majorité présidentielle, Amadou Ba, et ses 35,79 %. Arrivé troisième, Aliou Mamadou Dia n’a recueilli que 2,8 % des suffrages. La participation a été de 61,30 %, un chiffre inférieur à l’élection de 2019 mais plus important qu’en 2012.

L’hebdomadaire britannique The Economist souligne le bon déroulé de l’élection. “Les Cassandre en sont pour leurs frais. Le 24 mars, les électeurs ont été particulièrement nombreux à se rendre aux urnes pour sanctionner les douze années en dents de scie de la présidence de Macky Sall. Le scrutin s’est déroulé sans le moindre incident. Les Sénégalais ont élu à une large majorité Bassirou Diomaye Faye […]. Quelques heures après les premiers résultats, le candidat du parti au pouvoir, Amadou Ba, a reconnu sa défaite de bonne grâce.”

Bassirou Diomaye Faye devrait être investi avant le 2 avril, date de la fin du mandat de son prédécesseur, Macky Sall.

Courrier International

D’ores et déjà, il a laissé entendre, concernant la Cedeao, qu’il œuvrerait à consolider les acquis et à corriger les faiblesses de l’instance régionale. Reste à savoir s’il parviendra, comme il l’a promis, à ramener dans la famille Cedeao ses désormais homologues Assimi Goïta [président de la transition au Mali], Ibrahim Traoré [président de la transition au Burkina Faso] et Abdourahamane Tchiani [président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie au Niger], qui ont décidé de façon concertée d’en claquer la porte et qui ont tous dit que leur décision était irrévocable. Il va falloir au nouveau magistrat sénégalais un trésor d’imagination, de persévérance et de persuasion pour les amener à reconsidérer leur position.

Si divorce il y a…

S’il y a également un axe de la politique étrangère qui sera suivi avec attention, c’est bien celui des relations entre la France et le Sénégal. Depuis de longues années, le Pastef [parti des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité] d’Ousmane Sonko n’a jamais fait mystère de sa volonté de refonder la relation franco-sénégalaise, au point d’être qualifié d’antifrançais. Il est vrai qu’il a souvent embouché la même trompette que ceux qui regardent aujourd’hui l’ex-puissance coloniale en chiens de faïence, mais il s’est toujours défendu d’être un antifrançais.

Dans une interview accordée à France 24 et à RFI en janvier 2023, il avait déclaré “n’avoir rien contre la France”, appelant Paris à un “partenariat gagnant-gagnant avec l’Afrique”. Sur certains points, Ousmane Sonko rejoint dans une certaine mesure les États de l’AES [Alliance des États du Sahel qui regroupent le Mali, le Burkina Faso et le Niger], même si on imagine qu’ici le divorce, si divorce il y a, ne sera pas aussi brutal et violent. Une chose est de tenir des discours quand on est opposant, une autre est de gouverner en homme d’État une fois le pouvoir acquis. Et on imagine que les nouveaux dirigeants du pays de la Teranga vont jauger un peu la situation avant de se lancer dans des aventures qui pourraient s’avérer périlleuses.

Il en est ainsi de la sortie du franc CFA. La posture du Pastef était jusque-là de créer une monnaie locale, mais la réalité pourrait très vite rattraper les vainqueurs de la présidentielle, qui commencent déjà à mettre un bémol sur leur position en privilégiant désormais la création de l’ECO, cette monnaie commune aux pays membres de la Cedeao en gestation depuis de longues années et qui devrait voir le jour en 2027. La monnaie sénégalaise devrait donc être une solution de rechange au cas où le serpent de mer de la Cedeao ne verrait pas finalement le jour.

Pas question de se jeter dans les bras de l’ours russe

Dans l’immédiat, la France n’a peut-être pas grand-chose à craindre, même si l’Hexagone devrait anticiper pour éviter de se retrouver dans une position délicate comme celle qu’elle a en ce moment au Sahel.

Quoi qu’il en soit, on peut être déjà sûr d’une chose : quand bien même le nouveau locataire du palais présidentiel voudrait couper le cordon ombilical qui lie le pays de Senghor à l’ancienne métropole, il ne s’agirait certainement pas de délaisser le coq gaulois pour se jeter éperdument dans les bras d’un autre partenaire, en l’occurrence l’ours russe, qui a occupé le terrain laissé vacant par Paris au Mali, au Burkina et au Niger. Dans cette interview précédemment citée, Ousmane Sonko avait indiqué que ce qui est attendu de la Russie n’est pas “un partenariat de guerre” mais “des partenariats plus larges qui englobent toutes les questions de développement”. Or, a-t-il souligné, “ce qu’on voit dans certains pays africains ne semble pas aller dans ce sens”. “On est dans le remplacement. Est-ce que ce par quoi on remplace vaut mieux que ce qu’on remplace ? Je n’en suis pas totalement sûr”, avait-il ajouté.

Tout compte fait, si changement de camp il devait y avoir, ce ne serait pas une révolution qui casse tout sur son passage mais une posture beaucoup plus modérée, et sans doute que toutes les composantes de la société sénégalaise auront leur mot à dire, contrairement à ce qui s’est passé dans les trois États où les décisions ont souvent été prises au sommet sans concertation aucune avec les forces vives de la nation.

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