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Paris, métropole sans habitations

Écrit par le 31 mars 2024




Pour Pierre Migozzi, Paris, c’est fini. Pour quelque temps du moins. Début mars, ce cinéaste de 28 ans a dû quitter son appartement du XIXe arrondissement pour aller poser ses valises en banlieue, chez un ami, à Saint-Denis. Il pourra y rester un petit mois. Ensuite, il devrait chercher des sous-locations en attendant septembre. Alors, les Jeux olympiques et paralympiques seront passés. Et, espère Pierre, il y aura plus d’offres d’appartements – ceux qui auront été loués l’été à prix d’or sur des sites comme Airbnb auront été remis sur le marché.

“Avec mes revenus, je n’ai pas d’autre choix que d’attendre”, explique Pierre. Un ordinateur, une machine à café, des vêtements d’été et quelques livres. Il ne garde que le strict minimum et stocke le reste dans la maison de ses parents, à Limoges. Jusque-là, ce jeune Français partageait avec son frère un appartement de 70 m2. À eux deux, ils payaient 1 500 euros de loyer. Un prix au mètre carré bien inférieur à la moyenne dans le XIXe, le moins cher des vingt arrondissements parisiens.

Mais son frère est parti à l’étranger, et Pierre ne peut pas assumer le loyer seul. Quant à sa propriétaire, elle souhaite dans un premier temps rénover le logement défraîchi. Ce qu’elle fera ensuite de l’appartement ? Elle l’ignore encore, confie-t-elle.

Une flambée inédite

Dans la Ville Lumière, ce n’est pas une nouveauté, les logements sont rares et chers. La France est sans doute le pays développé le plus centralisé au monde. Et l’attractivité de la capitale est prodigieuse, au point d’avoir fait grimper, au fil des ans, le prix moyen du mètre carré à 10 000 euros. Dans les zones les plus huppées du centre-ville, ce prix peut même doubler. Rien à voir avec l’immobilier allemand. Du côté du marché locatif, le mètre carré parisien, hors charges, dépasse en moyenne les 30 euros.

Mais ces dernières années, le marché immobilier parisien a flambé comme jamais. Pendant que la demande a continué d’augmenter, l’offre de location s’est effondrée. L’an dernier, le portail immobilier locservice.fr comptait plus de sept candidats pour un appartement disponible. Quant au site SeLoger, il a observé une chute de 74 % des annonces publiées entre fin 2020 et fin 2023.

En regardant de plus près les chiffres, on s’aperçoit que ce phénomène a débuté à la fin de la pandémie. Puis, en 2023, l’offre s’est véritablement écroulée. Pourtant, selon l’Atelier parisien d’urbanisme, plus de 260 000 appartements, soit près d’un cinquième du parc parisien, ne sont occupés qu’occasionnellement ou servent de résidences secondaires. En hiver, il arrive même de voir des pâtés de maisons entiers dont les fenêtres ne sont quasiment pas éclairées.

Le lien entre logements et difficultés de recrutement

La crise du logement frappe en particulier les locataires les plus modestes. Il s’agit de jeunes gens avec un petit budget, mais aussi de professionnels, comme des cuisiniers ou des soignants, qui manquent partout. Selon une enquête menée au printemps 2023, chez les 18-24 ans, un jeune sur six aurait déjà abandonné ses études en raison de la cherté des loyers. Et selon le Medef, un cinquième des entreprises du pays attribuent leurs problèmes de recrutement aux difficultés d’accès au logement de leurs potentiels employés. L’organisation patronale n’est pas optimiste : si la pénurie de logements empêche la main-d’œuvre de se déplacer, le président Emmanuel Macron pourra faire une croix sur son objectif de plein-emploi.

D’autant que le droit français du logement n’est pas toujours favorable aux locataires. D’un côté,



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