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Pourquoi Rachida Dati veut faire aboutir la réforme de l’audiovisuel public

Écrit par le 3 avril 2024



Arrivée rue de Valois début janvier, Rachida Dati n’a pas tardé à ressusciter un projet laissé de côté par sa prédécesseure, Rima Abdul Malak. Dès ses voeux aux acteurs culturels fin janvier, la nouvelle ministre de la Culture vantait l’utilité d’un « audiovisuel public qui rassemble ses forces ». Avant d’insister, quelques jours plus tard, au micro de la matinale de France Inter : « Il faut faire cette réforme et vite, là-dessus vous pouvez compter sur moi. »

Chose promise, chose due. Le dossier est maintenant en cours d’arbitrage à l’Elysée, selon nos sources. Ses contours restent flous, même si la réforme, visant à créer une gouvernance unique afin de favoriser les coopérations et synergies, pourrait s’inspirer de la proposition de loi du sénateur Laurent Lafon, qui prévoit la création d’un holding coiffant France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l’INA.

L’objectif est de boucler la réforme dans cette « dernière année où le créneau est possible », ainsi qu’elle l’a déclaré au Sénat mi-mars, l’année 2025 étant marquée par le renouvellement des mandats du président de l’Arcom et de la présidente de France Télévisions.

Programme de 2017

Quelle que soit la forme retenue, « le souci de Rachida Dati, c’est de faire adopter le rapprochement avant d’autres séquences politiques », estime un bon connaisseur de l’audiovisuel public. Plusieurs raisons la poussent à faire aboutir ce dossier. Il correspond d’abord à une conviction personnelle préalable à sa nomination, a-t-elle affirmé au micro de France Inter fin janvier.

Son argument est le suivant. Dans un secteur soumis à la concurrence des plateformes et au changement des usages, l’audiovisuel public doit « se rassembler pour être plus fort », comme dans les pays voisins. Car les coopérations déjà lancées – proximité, information, numérique – ne vont pas assez loin, a-t-elle résumé devant la commission d’enquête sur l’attribution des fréquences TNT, à l’Assemblée nationale.

Cette réforme est vue d’un bon oeil à l’Elysée, selon nos sources, et à Matignon. Dans son programme présidentiel de 2017, Emmanuel Macron proposait déjà de rapprocher « les sociétés audiovisuelles publiques pour une plus grande efficacité et une meilleure adéquation entre le périmètre des chaînes et leurs missions de service public ». L’année suivante, Gabriel Attal, alors député, avait plaidé dans une interview à « L’Opinion » pour une révision de la structure des groupes audiovisuels publics avec une « gouvernance commune ».

Laisser sa trace

En 2019, Franck Riester, alors ministre de la Culture, lançait la réforme, rapidement interrompue par la crise sanitaire. Ni Roselyne Bachelot, qui lui a succédé, ni Rima Abdul Malak, ne l’ont relancée ensuite, toutes deux ayant d’ailleurs exprimé à nouveau la semaine passée devant les parlementaires leur réticence devant ce projet. « Pendant longtemps, le politique voulait éviter de froisser Radio France, ce qui explique sans doute qu’aucune réforme n’ait eu lieu », grince un observateur du secteur.

Rachida Dati, au contraire, prend le sujet à bras-le-corps. « Si elle veut laisser sa trace dans son ministère, il n’y a pas 36 sujets législatifs ou réformes possibles. Les autres sujets culturels, c’est de moindre portée », considère un bon connaisseur du dossier. De fait, son passage au ministère de la Justice, sous Nicolas Sarkozy, avait été marqué par une réforme structurelle, celle de la carte judiciaire, en 2007. « C’est un animal politique, elle sent ce qui est faisable ou non », poursuit-il, en soulignant que « cette réforme n’a pas d’incidence en matière de finances publiques et ne nécessite pas une négociation avec Bercy ».

Issue des Républicains, la ministre de la Culture pourrait aussi se targuer, en cas de succès, d’avoir réussi à trouver sur ce sujet un terrain d’entente entre parlementaires LR et Renaissance, le projet de loi du sénateur centriste Laurent Lafon ayant déjà été adopté au Sénat. Ce sera peut-être plus délicat à l’Assemblée, même si les députés Quentin Bataillon (Renaissance) et Jean-Jacques Gaultier (LR) ont ouvert la voie en remettant ensemble en juin dernier un rapport parlementaire suggérant la création d’un « holding stratégique ».

Stéphane Loignon, Marina Alcaraz, Fabio Benedetti Valentini (@stephloignon, @marina_alcaraz, @FabioBenedettiV)



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