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« Drive-Away Dolls » : Duo déluré pour un Coen en solo

Écrit par le 2 avril 2024



Pour ses débuts de réalisateur en solitaire, Joel Coen, en 2021, avait revisité un classique inusable – « Macbeth », de Shakespeare – et opté pour un changement radical de registre par rapport aux films concoctés depuis la mi-temps des années 1980 avec son frère, dont plusieurs chefs-d’oeuvre : « Barton Fink » (1991), « The Barber » (2001), « Inside Llewyn Davis » (2013). Ethan Coen emprunte une tout autre voie dans son premier long-métrage écrit et tourné sans son aîné : « Drive-Away Dolls », un film de genre foutraque qui, dans ses meilleurs moments, rappellent les premières fictions du duo : « Sang pour sang » (1984) et « Arizona junior » (1987).

Dans cette série Z assumée, le cinéaste s’intéresse à deux héroïnes lesbiennes dont les tempéraments sont diamétralement opposés : Jamie, délurée et assumant ses désirs sexuels pluriels, et Marian, discrète et (presque) chaste. Les deux amies, à cause d’un improbable concours de circonstances, se retrouvent au volant d’un véhicule pour une expédition les menant de Pittsburgh, en Pennsylvanie, à Tallahassee, en Floride. Elles ignorent qu’elles transportent dans leur coffre une mallette contenant de très compromettants « objets » pour un politicien en vue, et que des gangsters patibulaires sont à leurs trousses.

Plaisir régressif

Les admirateurs des frères Coen retrouveront dans « Drive-Away Dolls » certaines caractéristiques de leur cinéma : goût pour les intrigues absurdes, portrait corrosif d’une Amérique profonde engoncée dans son puritanisme, attirance pour les personnages incontrôlables et marginaux…

Hélas, le film, au demeurant sympathique, ressemble le plus souvent à une sorte de catalogue des tics et manies d’un cinéma de genre sciemment régressif et aligne les scènes avec un volontarisme comique qui ne convainc pas toujours.

Potache en diable, Ethan Coen, 66 ans, semble prendre plaisir à renouer avec ses préoccupations d’adolescent dans ce film mal élevé où les héroïnes piétinent les conventions avec un sourire sardonique. Avec sa durée éclair (1 h 24) et son esprit trash, « Drive-Away Dolls » se laisse regarder sans déplaisir tel un divertissement sans conséquence, mais le spectateur attend inévitablement plus de la part d’un metteur en scène qui, en compagnie de son frère, a ciselé quelques-unes des plus précieuses pépites du cinéma américain des dernières décennies.

Drive-Away Dolls

film américain

d’Ethan Coen

avec Margaret Qualley, Geraldine Viswanathan, Matt Damon. 1 h 24.



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