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Edouard Philippe visé par une enquête préliminaire du PNF

Écrit par le 3 avril 2024


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Voilà qui pourrait embêter Edouard Philippe dans sa probable course à la présidentielle de 2027. L’ancien Premier ministre (2017-2020) est visé dans une enquête du parquet national financier (PNF) et des perquisitions se sont déroulées ce mercredi à la mairie du Havre et au siège de la communauté urbaine, apprend l’AFP de sources judiciaire et proche du dossier.

L’enquête a été ouverte en décembre 2023 après le dépôt d’une plainte de l’ancienne directrice générale adjointe de la communauté urbaine, et porte sur des soupçons de « prise illégale d’intérêts, favoritisme, détournement de fonds publics et harcèlement moral », a précisé une source judiciaire à l’AFP, confirmant une information du « Monde » .

Animation de la Cité numérique de la ville

La plainte, déposée en septembre 2023, vise le maire Horizons du Havre, l’adjointe au maire chargée de l’innovation et du numérique Stéphanie de Bazelaire, ainsi que la directrice générale des services de la communauté urbaine Claire-Sophie Tasias. « Le maire, les élus et les équipes de la ville du Havre et de la communauté urbaine […] se tiennent entièrement et sereinement à la disposition du parquet pour donner l’ensemble des éléments nécessaires à l’enquête », ont-ils réagi dans un communiqué.

L’enquête, confiée à l’office anticorruption et à la police judiciaire de Rouen, s’intéresse particulièrement à une mission confiée à une association chargée de l’animation de la Cité numérique de la ville. En juillet 2020, Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, a signé avec Stéphanie de Bazelaire – également présidente bénévole de l’association LH French Tech -, une convention d’objectifs pluriannuelle pour l’exploitation et l’animation de la Cité numérique.

Situation de conflit d’intérêts

Des juristes de la communauté urbaine ont émis des recommandations et des alertes sur la situation de conflit d’intérêts dans laquelle se trouvait Stéphanie de Bazelaire, « à la fois présidente de LH French Tech, adjointe au maire et conseillère communautaire » , selon « Le Monde ».

LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG). L’association, seule candidate, devait toucher de la communauté urbaine 2,154 millions d’euros de compensation de service public pour mener à bien les projets, rappelle le quotidien.

« C’est très encourageant pour le statut de lanceur d’alerte et pour tous les agents publics qui, dans l’exercice de leurs fonctions, y compris au plus haut niveau, sont témoins de faits susceptibles de relever d’infractions », a de son côté réagi auprès de l’AFP Christelle Mazza, avocate de la plaignante. « Ils constituent, et cette affaire en témoigne à ce stade, de véritables sentinelles démocratiques », a-t-elle ajouté.

Source AFP

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