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Le Japon n’a pas attendu Oppenheimer pour filmer l’horreur nucléaire

Écrit par le 28 mars 2024


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Des yeux énucléés par le brasier. Des enfants brûlés vifs puis vaporisés. Une cité pulvérisée en cendres. Dans le film d’animation « Barefoot Gen », sorti en 1983, le réalisateur Mori Masaki met en scène pendant plusieurs minutes, la destruction de la ville d’Hiroshima le 6 août 1945 par une bombe atomique américaine. Il n’évite aucun des plans atroces dessinés, dans le manga du même nom, publié, en feuilleton, à partir de 1973, par Keiji Nakazawa, lui-même survivant de la catastrophe. Il avait six ans lorsque la bombe tombée sur sa ville a fait 140.000 morts.

Depuis 1945, des dizaines de longs métrages, de mangas ou de dessins animés japonais ont abordé, sans aucun tabou, la destruction d’Hiroshima et de Nagasaki ainsi que la vie des « Hibakusha », littéralement « les victimes de la radiation ». Et, dans ce contexte culturel, la sortie, ce vendredi 29 février, dans les salles du pays, du film Oppenheimer de Christopher Nolan passe relativement inaperçue.

Le long métrage aux 7 oscars ne suscite ni polémique, ni débat. « Dans les premières décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, il y a eu un boom des oeuvres mettant en lumière une perspective japonaise sur la bombe atomique ainsi que sur les atrocités de la guerre, qui avaient été censurées auprès du public japonais pendant les années de conflit », rappelle Jeffrey Hall, professeur à la Kanda University.

Le public japonais s’est ainsi ému devant « Les Enfants d’Hiroshima » de Kaneto Shindo ou devant « Pluie noire » de Shôhei Imamura – à ne pas confondre avec le « Black Rain » de Ridley Scott où Michael Douglas affronte des yakuzas. Plus récemment, les spectateurs ont aussi été bouleversés par « Dans ce recoin de ce monde » de Sunao Katabuchi quand le nucléaire n’a cessé de hanter les franchises Godzilla et Astro Boy de leurs enfances.

Des générations entières ont été traumatisées par les différentes déclinaisons de « Barefoot Gen ». « C’est le manga et anime le plus populaire jamais créé sur Hiroshima », pointe Jeffrey Hall. « Il évoque aussi les atrocités commises pendant la guerre par le Japon. Et certains de ses personnages tiennent même le gouvernement nippon pour responsable du conflit », insiste le spécialiste des questions de société dans le pays.

Logique marketing

Pour les experts, la sortie avec retard au Japon d’« Oppenheimer » ne peut, dès lors, pas être interprétée comme la preuve d’un supposé malaise de l’opinion publique sur ce sujet . Ce décalage n’est motivé que par les logiques marketing des producteurs et distributeurs japonais. Au Japon, il est ainsi très courant de projeter, plusieurs mois après leurs sorties internationales, des films occidentaux qui ne sont pas perçus comme des blockbusters évidents pour le public nippon, très fans des productions locales et des anime.

Sur l’ensemble de 2023, le box-office a été largement porté par des productions nippones. Avec 112 millions de dollars de revenus, « The First Slam Dunk » a dominé le marché, devant la coproduction nippo-américaine « Super Mario Bros » (99 millions de dollars), « Detective ‘Conan : Black Iron Submarine » (98 millions de dollars), « Le garçon et le héron » du Studio Ghibli (63 millions de dollars) et « Kingdom 3 : The flame of destiny » (40 millions de dollars).

Au regard des performances passées des films de Christopher Nolan, les distributeurs japonais ont pu estimer qu’ils n’avaient pas besoin de précipiter la sortie d’« Oppenheimer » dans leurs salles. « Tenet » et « Dunkerque » n’avaient respectivement rapporté que 25 et 15 millions de dollars dans le pays. Le nouveau film n’est d’ailleurs distribué que par un petit acteur de l’industrie qui n’a pas déployé de campagne marketing massive pour soutenir le film emmené par Cillian Murphy, Emily Blunt ou encore Robert Downey Jr.

Sur les réseaux sociaux, les plus cinéphiles et les fans du travail de Christopher Nolan montrent toutefois un intérêt pour le blockbuster américain même si certains, qui l’ont déjà vu à l’étranger, ont regretté, du bout des tweets, l’absence d’un point de vue japonais dans le scénario. « Dans l’ensemble, les gens qui vont aller le voir espèrent surtout découvrir une perspective américaine sur la création de la bombe atomique », insiste Jeffrey Hall, qui anticipe un relatif succès dans les salles japonaises.

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