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Aurélie Dupont, la danse des mots

Écrit par le 4 avril 2024



Dès les premières pages de « N’oublie pas pourquoi tu danses », Aurélie Dupont évoque le Sacre du printemps. « Car c’est aussi mon histoire et celle de toute danseuse « élue » pour être étoile, autant dire pour mourir à la vie profane tant il faut de temps, de travail, de souffrances, d’échecs aussi, dont certaines ne se remettent jamais ». Le ton est donné, un style incisif et franc, pour un livre attendu par beaucoup depuis le départ inopiné d’Aurélie Dupont du ballet de l’Opéra de Paris dont elle avait pris la direction en 2016 succédant, sans y être préparée, à Benjamin Millepied.

Alors règlement de comptes ou autobiographie ? C’est un peu plus complexe que cela. L’étoile veut dire sa vérité. Mais les « attaques » en défense seront pour plus tard. En effet, les premiers chapitres sont consacrés à la blessure de la danseuse et sa rééducation. Face à son kiné, Bernard Bonaime dit Bébère, elle lâche cet aveu : « je me suis fracturée le cartilage derrière la rotule et j’ai dansé sans en tenir compte pendant plusieurs années ». Comme d’autres artistes de scène, Aurélie Dupont a joué avec le feu.

Retour au sommet

Au fil des pages, elle raconte ses désillusions puis un retour au sommet, s’autorisant des flash-back entre les lignes. On croise sa grand-mère chérie, Simone Dupont dite Ma-Douce, l’étoile Liane Daydé ou le chorégraphe Pierre Lacotte lequel semblait apprécier le caractère affirmé de la danseuse. Le passage sur le concours de Varna, quelque chose comme les JO de la danse, est à cet égard révélateur. Aurélie Dupont s’y présente diminuée et finit pas glaner la médaille d’or.

Il y a ces passages bien vus sur la solitude des remplaçants, « espérant » une blessure de la vedette pour montrer le bout de leur nez en scène. Aurélie Dupont raconte son vécu dansé, égratignant Claude Bessy et ses méthodes, anciennement à la direction de l’école de danse, le répétiteur Patrice Bart, les chorégraphes Roland Petit ou, plus surprenant, William Forsythe.

« N’oublie pas pourquoi tu danses » est enfin une déclaration d’amour à la grande chorégraphe allemande Pina Bausch. « Ta force ne m’intéresse pas. Ce que je veux voir ce sont tes faiblesses, ta fragilité et ta sensibilité », lui dira la créatrice venue superviser l’entrée de son « Sacre du printemps » au répertoire de la compagnie parisienne. De Pina, Aurélie Dupont écrit encore : elle m’a délivrée ; elle m’a sauvée. Ses mémoires font – provisoirement ? – l’impasse sur son mandat décrié en tant que directrice de la danse à l’Opéra de Paris. Une autre blessure, d’orgueil celle-ci.

N’oublie pas pourquoi tu danses

RéCit

d’Aurélie Dupont

Albin-Michel, 478 pages, 22,90 euros.



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