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CRS et gendarmes mobiles invités à se recentrer sur leur coeur de métier

Écrit par le 3 avril 2024


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L’imminence des Jeux olympiques et paralympiques 2024, avec leurs prévisibles mouvements de foule et rassemblement de fêtards, doit être l’occasion d’optimiser le recours aux « forces mobiles ». Dans un rapport publié ce mercredi, la Cour des comptes souligne que les quelque 11.000 CRS et 12.500 gendarmes mobiles, précisément spécialisés dans la sécurisation et le maintien de l’ordre, sont trop souvent employés à bien autre chose.

Une petite moitié des 169 unités théoriquement disponibles (109 escadrons de gendarmerie et 60 compagnies de CRS) est mobilisée sur différentes « missions permanentes » – autant d’effectifs qui ne peuvent être déployés en cas d’émeutes urbaines ou de manifestations tendues.

Surveillance de plage

Certains font de la garde statique auprès des bâtiments publics, d’ambassades et de lieux de cultes. D’autres traquent l’immigration illégale – à Calais, Dunkerque ou aux frontières espagnoles et italiennes – voire gardent le centre de rétention administrative de Lyon. Des milliers d’hommes sont également stationnés dans les quartiers sensibles. Sans même parler des quelque 300 CRS qui, chaque été, font les surveillants de baignade sur le littoral.

« Les unités de force mobile sont mobilisées de manière trop fréquente sur des missions parfois très éloignées de leur compétence spécifique de maintien de l’ordre et de sécurisation », souligne Pierre Moscovici, le premier président de la Cour des comptes – qui recommande de ne plus le faire « qu’en l’absence d’alternative et lorsque ces missions revêtent un caractère prioritaire ».

Sanctuariser la formation

Les magistrats pointent que les effectifs des forces mobiles n’ont quasiment pas bougé depuis dix ans après une forte baisse dans les années 2010 dans la foulée de la révision générale des politiques publiques (RGPP). En dépit de la création de 11 unités supplémentaires prévues dans la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur (Lopmi), la ressource est donc contrainte.

D’autant plus que le contexte rend certaines missions traditionnelles plus gourmandes : « Les voyages officiels du président de la République nécessitaient en 2019 en moyenne deux à trois UFM [unités de forces mobiles] et font désormais appel de quatre à sept unités en moyenne ».

La situation actuelle conduit à deux écueils principaux. Le premier est que les CRS et gendarmes mobiles sont sursollicités et consacrent de moins en moins de temps à leur formation – dont le rôle est pourtant « crucial » selon la Cour. Le second est que le maintien de l’ordre et la sécurisation lors des grandes crises comme celle des « gilets jaunes » échouent, faute de forces mobiles suffisantes, à d’autres types d’unités (forces territoriales, compagnies d’intervention, brigades anticriminalité, BRAV-M…) qu’il conviendrait de former davantage pour éviter la casse.

Dans l’immédiat, le rapport invite aussi à revoir les règles d’emploi des forces mobiles, datant de 2015. Le principe de « non-sécabilité », prévoyant de ne pas scinder une unité en plus de deux, pourrait être assoupli. Idem pour les contraintes liées au changement de mission au cours d’un même service.

Un programme immobilier sur dix ou quinze ans

A plus long terme, les magistrats invitent l’Etat – comme ils l’avaient déjà fait en 2017 – à repenser l’implantation géographique des forces mobiles. La répartition actuelle est « un héritage du contexte sécuritaire de l’immédiat après-guerre, dans lequel les principaux foyers d’agitation se situaient dans les bassins ouvriers industriels (Saint-Etienne, Roanne, Charleville-Mézières), ainsi que dans certaines zones agricoles (Montauban, Sancerre, Bergerac) », souligne le rapport. Or aujourd’hui, les troubles se concentrent dans les grandes zones urbaines – et en région parisienne au premier chef.

La dispersion historique des compagnies et escadrons a deux conséquences néfastes : des délais de transport à rallonge et des coûts d’hébergement qui explosent. Depuis la crise du Covid, la chambre individuelle est devenue la norme pour les CRS lorsqu’ils dorment à l’hôtel. Faute de cantonnements de passage en nombre suffisant, la facture a presque doublé depuis 2018 pour frôler les 40 millions d’euros.

« Les casernes sont des lieux de vie. Revoir leur implantation ne se fera pas en un claquement de doigts », reconnaît un magistrat financier. « Mais la hausse significative des coûts hôteliers justifie un programme immobilier sur dix ou quinze ans. »

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