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Jan Martens, la voix et le geste

Écrit par le 28 mars 2024



Jan Martens est un jeune homme pressé, mais qui sait prendre son temps pour peaufiner ses créations. On l’a découvert sur les scènes françaises en 2014 avec « THE DOG DAY ARE OVER », pièce furieuse avec le saut comme motif principal. Puis les créations se sont enchaînées dévoilant ce talent neuf venu de Belgique. Abordant le solo comme les ensembles, Jan Martens apportait une énergie nouvelle à la création contemporaine. Les institutions comme le Festival d’Avignon ou d’Automne le programment depuis avec des fortunes diverses.

Artiste associé de la Maison de la Danse de Lyon, Jan Martens vient d’y donner la première française du très attendu « Voice Noise ». Il délaisse cette fois la pure virtuosité pour une chorégraphie à « l’approche plus sensorielle ». Conçue tel un concept album, cet opus ciselé dévoile une bande-son faite de voix peu connues. L’écoute passe d’une protest-song italienne (« Bella ciao sul femminicidio ») au folk, de la musique médiévale à des effets de voix pas loin des borborygmes.

Le chorégraphe ne cherche jamais à illustrer les partitions, il crée une gestuelle en écho, parfois distancée du rythme, souvent en accord. Dans un des plus beaux passages, sur un chant indien de Kesarbai Kerkar, les solistes paraissent flotter sur un miroir d’eau – en fait un plateau de danse subtilement éclairé. Jan Martens et ses interprètes ont développé tout un travail des bras pour donner à voir des lignes de corps. Parfois une soliste s’emballe, ici l’exceptionnelle Courtney May Robertson parcourue de spasmes chorégraphiques.

Palette de nuances

D’apparence simple dans sa construction, « Voice Noise » se révèle au fil des minutes d’une incroyable richesse dans sa chorégraphie. Une séquence déploie ainsi une danse en canon bien dans la manière Martens dont les protagonistes défont progressivement le bel ordonnancement en décalant l’unisson. « Voice Noise » affirme sa singularité, délicatement féministe dans ce choix de compositrices, définitivement à part dans ce format de solos comme démultipliés.

Affichant une palette de nuances du contemplatif au rugueux, prenant même le risque de perdre quelques spectateurs en chemin, la chorégraphie ne s’interdit rien. Y compris de finir en silence. Une autre façon, après tout, de faire entendre ces corps dansants.



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